Prêt personnel pour indépendants et auto-entrepreneurs

Revenus variables, bilans, chiffre d’affaires : comprenez comment les prêteurs analysent votre dossier et mettez toutes les chances de votre côté.

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Artisan, commerçant, auto-entrepreneur, consultant, médecin, avocat ou infirmier libéral : quand on travaille à son compte, obtenir un crédit personnel demande souvent un peu plus de préparation qu’un salarié en CDI. Ce n’est pas impossible, loin de là, mais les prêteurs n’analysent pas vos revenus de la même façon. Ce guide explique comment fonctionne un prêt personnel pour indépendant, quels justificatifs préparer, comment vos revenus sont calculés et comment éviter un refus.

Prêt personnel ou prêt professionnel : la bonne distinction

Avant toute démarche, distinguez l’objet du financement :

  • Le prêt personnel finance un besoin privé : voiture familiale, travaux dans votre logement, équipement de la maison, projet personnel. C’est un crédit à la consommation encadré par le Code de la consommation (de 200 à 75 000 €), avec fiche d’information précontractuelle, étude de solvabilité, consultation du FICP et délai de rétractation de 14 jours.
  • Le prêt professionnel finance votre activité : matériel, véhicule utilitaire, stock, trésorerie. Il se négocie auprès d’une banque professionnelle et ne bénéficie pas des protections du crédit à la consommation.

Utiliser un crédit personnel pour l’activité n’est pas une bonne idée : vous perdez la cohérence comptable, et le prêteur a accordé le crédit sur la base d’un besoin privé. Cette page traite du prêt personnel pour vos projets privés. Pour une vue d’ensemble, voir notre guide du prêt personnel.

Pourquoi le dossier d’un indépendant est-il analysé différemment ?

Le prêteur doit vérifier que vous pourrez rembourser chaque mois, pendant toute la durée du crédit. Avec un salaire fixe, c’est simple. Avec des revenus d’indépendant, trois difficultés apparaissent :

  • Des revenus variables d’un mois et d’une année à l’autre ;
  • Un décalage dans le temps : les comptes et la déclaration de revenus portent sur l’année précédente ;
  • La confusion entre chiffre d’affaires et revenu : seul ce qui reste après les charges de l’activité sert à rembourser un crédit.

Conséquence : les prêteurs raisonnent sur une moyenne de revenus sur plusieurs années et demandent souvent une ancienneté minimale d’activité. Ces critères varient d’un établissement à l’autre, d’où l’intérêt de comparer.

Comment vos revenus sont-ils calculés ?

Entreprise individuelle, société, profession libérale

Le prêteur retient en général le revenu professionnel net (bénéfice ou rémunération du dirigeant), tel qu’il figure sur vos avis d’imposition et vos bilans ou liasses fiscales, souvent en moyenne sur deux ou trois exercices.

Micro-entrepreneur (auto-entrepreneur)

Pour un micro-entrepreneur, le prêteur part souvent du chiffre d’affaires déclaré, auquel il applique un abattement représentatif des charges, par exemple l’abattement forfaitaire fiscal : 71 % pour la vente de marchandises, 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 34 % pour les activités libérales. Certains prêteurs utilisent leur propre méthode.

Exemple indicatif : un consultant indépendant a déclaré un revenu professionnel de 30 000 €, 36 000 € puis 42 000 € sur trois ans. La moyenne retenue est de 36 000 € par an, soit 3 000 € par mois, même si sa dernière année est meilleure. Pour un micro-entrepreneur de services commerciaux réalisant 36 000 € de chiffre d’affaires, un abattement de 50 % ramènerait le revenu pris en compte à 1 500 € par mois.

Exemple chiffré de prêt personnel

Reprenons le consultant à 3 000 € de revenus mensuels moyens, qui a déjà un crédit auto de 250 € par mois. Exemples indicatifs (mensualités constantes, TAEG actuariel, hors assurance facultative) :

Montant Durée TAEG Mensualité Coût total
10 000 € 48 mois 6,9 % 238,03 € 1 425,50 €
15 000 € 60 mois 6,5 % 292,19 € 2 531,24 €

Avec le prêt de 15 000 €, ses mensualités de crédit totales atteindraient 542,19 €, soit environ 18 % de ses revenus moyens. Le prêteur regardera aussi le reste à vivre après loyer et charges. Faites le calcul pour votre situation avec notre outil de capacité d’emprunt et le simulateur de crédit.

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Les justificatifs à préparer

Statut Justificatifs généralement demandés
Tous Pièce d’identité, justificatif de domicile, RIB, relevés de compte personnels récents
Micro-entrepreneur Avis d’imposition, déclarations de chiffre d’affaires, attestation d’immatriculation
Entreprise individuelle Deux ou trois derniers avis d’imposition, bilans ou liasses fiscales, extrait d’immatriculation
Dirigeant de société Avis d’imposition, bilans de la société, justificatif de rémunération
Profession libérale Avis d’imposition, déclarations professionnelles, attestation d’inscription à l’ordre si applicable

Plus votre dossier est complet et lisible, plus la réponse est rapide. Retrouvez la liste générale dans notre guide des conditions pour obtenir un crédit.

Les difficultés les plus fréquentes

  • Une activité trop récente : sans au moins un exercice complet, de nombreux prêteurs ne peuvent pas évaluer vos revenus. Un co-emprunteur salarié peut débloquer la situation.
  • Une baisse de revenus récente : le prêteur retiendra la tendance. Préparez une explication et, si possible, des éléments récents (carnet de commandes, contrats).
  • Un mélange des comptes : des dépenses privées payées depuis le compte professionnel, ou l’inverse, brouillent la lecture du dossier.
  • Des découverts fréquents sur le compte personnel : ils inquiètent davantage qu’un revenu variable.
  • Un fichage au FICP : il bloque l’accès au crédit, quel que soit le statut.

Les alternatives si le prêt personnel est refusé

  • Ajouter un co-emprunteur : un conjoint salarié stabilise le dossier et additionne les revenus. Voir notre article emprunter à deux.
  • Réduire le montant ou allonger légèrement la durée pour faire baisser la mensualité, en gardant un œil sur le coût total.
  • Financer une partie par l’épargne : un apport réduit le besoin et le risque perçu.
  • Attendre le prochain exercice si votre activité progresse : un bilan supplémentaire peut suffire à faire basculer la décision.
  • Passer par un crédit affecté pour un achat précis (voiture, travaux) : le lien avec le bien financé rassure certains prêteurs. Voir notre guide du crédit auto.

Évitez en revanche les solutions d’urgence coûteuses, comme un crédit renouvelable utilisé pour combler des mois creux : c’est souvent le début d’un endettement durable.

Nos conseils pour réussir votre demande

  1. Attendez si possible d’avoir deux bilans ou deux déclarations annuelles : votre revenu moyen sera plus représentatif.
  2. Séparez strictement vos comptes professionnels et personnels.
  3. Empruntez raisonnablement au regard de votre revenu moyen, pas de votre meilleure année.
  4. Constituez une épargne de précaution : elle rassure le prêteur et vous protège en cas de mois creux.
  5. Comparez plusieurs prêteurs : les critères d’acceptation des indépendants varient beaucoup. Nos partenaires comparent plusieurs établissements à partir d’une seule demande, gratuitement et sans engagement.

Vous avez déjà plusieurs crédits en cours ? Un rachat de crédit peut alléger vos mensualités avant un nouveau projet.

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Questions fréquentes

Un auto-entrepreneur peut-il obtenir un prêt personnel ?

Oui. Le prêteur se base généralement sur le chiffre d’affaires déclaré après abattement représentatif des charges, et demande souvent au moins une année complète d’activité. Un dossier avec des déclarations régulières et des comptes bien tenus a de bonnes chances d’aboutir.

Combien d’années d’activité faut-il pour emprunter ?

Il n’existe pas de règle légale. Beaucoup de prêteurs souhaitent un ou deux exercices complets, parfois trois pour les montants importants. Avec moins d’ancienneté, un co-emprunteur aux revenus stables peut faciliter l’accord.

Le prêteur regarde-t-il le chiffre d’affaires ou le bénéfice ?

Le bénéfice ou le revenu professionnel net, c’est-à-dire ce qui reste après les charges. Pour un micro-entrepreneur sans comptabilité détaillée, un abattement est appliqué au chiffre d’affaires pour estimer ce revenu.

Peut-on utiliser un prêt personnel pour son activité professionnelle ?

Ce n’est pas recommandé. Le crédit à la consommation est destiné aux besoins privés. Pour financer votre activité, adressez-vous à une banque professionnelle pour un prêt professionnel adapté.

Un indépendant paie-t-il un taux plus élevé qu’un salarié ?

Pas nécessairement. Le taux dépend surtout du montant, de la durée et de la qualité globale du dossier. Un indépendant aux revenus stables et bien documentés peut obtenir des conditions comparables à celles d’un salarié.

L’assurance emprunteur est-elle obligatoire pour un indépendant ?

La loi ne l’impose pas pour un crédit à la consommation, mais le prêteur peut la demander. Vous pouvez alors choisir une assurance équivalente auprès d’un autre assureur. Vérifiez notamment les garanties en cas d’arrêt de travail, souvent importantes pour un indépendant.

Les revenus d’un conjoint indépendant comptent-ils dans un crédit à deux ?

Oui. En cas de demande à deux, les revenus des deux co-emprunteurs sont additionnés, chacun étant analysé selon son statut : bulletins de salaire pour le salarié, avis d’imposition et bilans pour l’indépendant. Les deux sont alors tenus au remboursement.